Les salons de coiffure traversent une mauvaise passe pendant la période du ramadan. L’absence de leurs clientes est le principal souci des coiffeuses. Au fur et à mesure que le Ramadan tend vers sa fin, les clientes se font de plus en plus rares dans certains salons de beauté de la capitale que Sud Quotidien a visités. Il y règne généralement un grand calme.
Aux parcelles Assainies, aux Maristes ainsi qu’au quartier Bourguiba, la situation est partout la même. On constate un grand calme dans les salons de coiffure que nous avons visité. Pour cause, le Ramadan est passé par là. Ce qui a entrainé un ras-le-bol des nombreuses coiffeuses interrogées à l’occasion. Maty Diagne, Coiffeuse à l’unité 18 aux Parcelles Assainies, trouvée en train d’écouter la radio, explique son désarroi en ces termes : « En cette période de ramadan, nous n’avons aucune cliente, si ce n’est pour des cérémonies religieuses qui n’ont lieu qu’occasionnellement ».
Marème Mbaye, également coiffeuse, partage la même opinion. Pour elle, les rares clientes qui se présentent à son salon « préfèrent des tresses au détriment des mèches et des greffages ». Le Ramadan a porté une influence sur le choix de la coiffure des femmes. Selon certaines sources, l’abandon des mèches et des greffages s’explique par le fait que l’Islam n’apprécie pas que les femmes rajoutent des mèches à leurs tresses. Pour respecter cet interdit, les femmes préfèrent durant cette période du ramadan abandonner ces genres de coiffures.
Ami Collé, gérante d’un salon de coiffure aux Maristes, est trouvée assise devant son salon d’accueil. Elle attend peut être l’arrivée d’une clientèle, au moment où le reste du personnel est en train de regarder la télé. Depuis le début du Ramadan, elles ont vu leur clientèle se raréfier. « Pendant le ramadan, les femmes s’occupent rarement de leurs cheveux et quand elles viennent dans les salons c’est seulement pour faire des tresses simples », souligne-t-elle. « Ces tresses simples sont moins chères et ne font pas l’affaire des professionnelles de la coiffure qui voient ainsi leurs tarifs baisser », poursuit-t-elle.
Katy, Gérante et coiffeuse au groupe Latifa, reconnaît que le ramadan est une période durant laquelle elle voit peu de clientes. « Avant, je recevais 30 à 40 clientes par jour, mais maintenant, nous pouvons rester toute une journée sans en recevoir. En ce moment, je n’ai que 5 clientes », se plaint-elle.
Les filles du groupe de coiffure Latifa disent attendre avec impatience l’approche de la fête de la Korité, période à laquelle les clientes vont remplir les salons de beauté. D’ici là, le Ramadan bat son plein, mais il y a espoir pour elles dans la mesure où il approche à sa fin. Et les femmes font encore concourir de beauté avec de belles tresses.
Racky LY

